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LES PHOTOS DE 30 Seconds To MARS

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Lundi 17 septembre 2012 1 17 /09 /Sep /2012 10:14

TIFF 2012 Review: Jared Leto’s Searing Music Industry Expose ‘Artifact’

A scene from Artifact. Courtesy TIFF.

Si vous ignorez qui sont 30 Seconds to Mars, cela ne durera pas longtemps. Artifact est le de l'industrie musicale et sort pour la première fois ce week_end au festival TIFF. Au milieu de la cohue d'adorateurs hurlants, Jared Leto parle de son combat à 30 millions de dollars contre le géant des labels EMI.
Avec un bon nombre de succès en tant qu'acteur dans sa manche (Requiem for a Dream, Lord of War, Fight Club), Jared Leto oriente cette fois les projecteurs sur le groupe qu'il a fondé avec son frère, le batteur Shannon Leto. Artifact a vu le jour en tant que classique « making of de notre prochain album » et s'est rapidement mué en exposé impitoyable quand le groupe s'est vu confronté à une action en justice ahurissante de la part de leur label.

Si vous vous demandez « Mais qui sont ces types ? », cela a également été mon cas, et celui des programmateurs du festival... au premier abord en tout cas. Mais une fois qu'on entend leur tube radio “Kings and Queens”, en général on se dit plutôt « Oh oui je la connais celle-là ! J'adore cette chanson ! » et il se peut même qu'on se joigne aux fans dévoués qui ont remplis des stades dans le monde entier.
Avec l'entrain initial d'une femme allergique à tout ce qui ressemble de près ou de loin à Nickelback et une fixation immature sur la raison qui pousse Jared Leto à ruiner son beau visage avec sa barbe de Jésus actuelle, j'ai attrapé une amie ancienne chanteuse et j'ai poursuivi. Du bourdonnement quasi-hystérique du public impatient aux sifflements et cris qui ont retentis quand Jared et monté sur scène, il était clair que le groupe a un certain culte derrière eux. Et j'avais le sentiment que je pourrais incessamment sous peu tomber moi aussi sous son charme.

« Je ne pourrais imaginer un meilleur endroit pour la première de ce film. Toronto est une des villes les plus magiques au monde » roucoule Jared, le charmeur aux grands yeux qui exprime sa joie de de prendre part « à l'un des plus prestigieux festivals du cinéma d'Amérique du Nord ». Hmm, plutôt LE plus prestigieux festival de cinéma du monde ? Juste comme ça...
« Cela fait 4 ans que nous travaillons là-dessus. C'est un travail d'amour. » raconte le chanteur-slash-acteur qui a également réalisé le film (sous le faux nom de Bartholomew Cubbins). Et il est effectivement difficile de résister à son charme. Tout au long de la -certes unilatérale- épreuve traversée par le groupe, j'essaye de compenser la capacité « draculesque » de Jared à hypnotiser les gens (eh oui Lugosi l'a fait bien avant True Blood) avec mon habituel cynisme envers n'importe quel message qu'on m'envoie tout en essayant de jouer sur ma corde sensible.

Et c'est effectivement ce qu'Artifact essaye de faire. La séquence d'introduction présente les membres du groupe et place le ton de l'histoire, mais rencontre une transition un peu hasardeuse avec une séquence de déclarations mélodramatiques sur l'importance singulière de la musique dans la société et son éternelle importance (faites, sans surprise, par des musiciens et des gens du milieu). Ceci, qui est la partie du film que j'ai le moins aimé, donne l'impression d'être un peu manipulateur et simplifie à l'extrême ce qui, par la suite, se montrera être un problème bien plus complexe.
Cependant, toute rancoeur est rapidement effacée quand le ton devient (bien que jamais complètement) factuel et équitable. On nous montre de longues interviews informatives avec des gens de l'industrie musicale, du musicien passioné à l'expert légal en passant par une quantité impressionnante d'anciens cadres d'EMI.

Pourquoi d'anciens haut placés d'EMI parleraient-ils longuement du cauchemar d'un groupe frappé par un procès de 30 millions de dollars, me demanderez-vous ? Le film explique comment la relation qui fut un jour agréable entre le groupe et leur label à changé de cap alors que l'économie et le téléchargement illégal ont fait couler l'industrie de la musique. On nous explique le magnat Britannique Guy Hands s'est emparé d'EMI en se concentrant singulièrement sur le profit et la cupidité, et que tous les cadres qui se préoccupaient réellement de la musiques et des artistes ont été renvoyés ou ont quittés le navire.
Les mécanismes des contrats et leurs nombreuses zones obscures nous sont expliqués en gros, nous donnant quelques (bien que simplistes et d'un seul point de vue) détails sur comment « les artiste se font toujours avoir » par les énormes frais de post-production qui laissent les musiciens criblés de dettes, les rendant dépendants à leur label, même après avoir vendu des millions d'album, ainsi, le montant de la dette croit exponentiellement. Mon amie ancienne musicienne acquisce souvent et a déclaré à la fin du film que c'était « Exactement les raisons pour lesquelles j'ai quitté le milieu de la musique ».
Un peu à la façon des géants de cinéma comme MGM qui, dans les années 40 et 50, forçaient leur starlettes à faire des films de série B, on peut voir comment un contrat de production devient les chaînes d'un trio musical bien intentionné, se battant pour garder ne serait-ce qu'un peu de contrôle créatif sur leur propre travail.

Alors que la bataille légale se poursuit, le groupe prend tous les risques. Ils se mettent d'accord pour « tout miser sur le noir », se séparent d'EMI et crée un album entièrement seuls. S'enfonçant consciemment dans des dettes encore plus élevées et dans l'abysse de l'inconnu, ils risquent tout au nom de la simple foi en l'album qu'ils espèrent créer.

Jared décide consciemment de porter le poids du fardeau, l'énorme somme de travail et la responsabilité de la préparation et de la promotion de l'album essentiellement seul. Des photos d'enfance et des interviews de leur mère brossent un portrait de l'amour que portent les frères à la musique depuis toujours et enrichi notre compréhension du choix du groupe de tout mettre en jeux pour leur art.
Ce qui est sûrement le passage le plus précieux de ce documentaire arrive à ce moment. Avec quelques rires et des moments tendres, seuls les sans-coeurs pourraient rester purement obsédés par les faits à propos de l'histoire de ceux qui semblent être 3 garçons sincères, réalistes et gentils. La caméra saisi tous les soupirs d'inquiétude, de stress et de frustration de Jared. En tant que premier preneur de décision du groupe, il est tourmenté par l'éthique, les risques et les choix impossibles de l'artiste qui défend la bonne cause face à un Goliath sans visage. Même pendant les compréhensibles moments ou il se laisse aller à jurer, Jared reste agréable, faisant face à chaque barrage avec une grâce et une intelligence louables.
Nous sommes témoins de nombreux aperçus de passion musicale et de processus créatif. De la bonne musique, de riffs expérimentaux en chansons finies, s'ajoute à une toile de fond montrant la magnifique ville des anges, des vues de la ville et de la majestueuse campagne californienne, où Jared s'échappe fréquemment pour se calmer les nerfs et trouver les réponses dont il a besoin. Nos yeux ont droit à un festin unique dans la maison de Franck Lloyd Wright, quand un changement de décor nécessaire apaise leurs âmes. Plus tard, Jared dessine des visages dans le sable, prend des fans farfelus dans ses bras et à ce moment-là, même sa barbe de pervers des bacs à sable commence à me plaire.

Nous sommes également témoins du guidage bienveillant et expérimenté du producteur Flood, légendaire pour pour son rôle essentiel dans le développement d'icône du rock comme U2 et (OH ! Mes anges sombres de l'électro!) Depeche Mode. Bien qu'ému par les conseils sages de Flood, le groupe est tiraillé par leur désir sincère de simplement se battre pour le droit des artistes à avoir des contrats justes. Au moment où Jared a une révélation émouvante, nos cœurs poussent un cri de joie silencieux quand il nomme leur album à venir “This Is War”. Bien qu'en proie au doute, le groupe ne perd jamais de vue ce qui est important : leur lien, leurs morales, et leur musique.

Au final, Artifact est juste en tout point à l'exception d'un seul. Il perd une étoile pour moi parce qu'il est trop simpliste et porte tout les torts sur la grande méchante corporation, même si c'est une tentation que nous avons tous. Bien qu'il y soit fait mention du téléchargement illégal, et on comprend qu'un groupe soit délicat avec son public, j'ai eu l'impression que de faire d'EMI le bouc émissaire n'est pas la solution au problème. Les usines où les ouvriers sont exploités existent parce que nous achetons leurs produits et les usines à chiots existent parce que nous achetons dans des magasins animaliers.

De même, les musiciens se font avoir parce que leur label s'écroule. Pourquoi ? Parce que nous avons arrêté de valoriser les années qu'un musicien passe en studio quand nous avons arrêté de payer pour leurs chansons. Nous avons arrêté d'acheter des albums entiers. De l'aimer pour le voyage qu'il représente. Nous avons arrêté d'attendre impatiemment, de les écouter comme un tout, de lire chaque parole et de tenir dans nos mains le livret comme le trésor amoureusement créé qu'il est censé être… Et pire que tout, nous sommes devenus une société qui cherche en permanence la tête de turc facile, au lieu de jeter un œil honnête sur nous-mêmes.

Merci à Andreva pour la traduction <3
source review

Par [ECHELON] - Publié dans : Artifact
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